Sensations en Aveyron : nature, handisport et gastronomie à Bozouls

Le mois dernier, j’ai passé quelques jours dans l’Aveyron, où avait lieu la 5ème édition du salon des blogueurs de voyage. Deux ans après ma première participation (à Bruxelles en 2016), j’avais hâte de revoir mes amis blogueurs, de faire de nouvelles rencontres, et de découvrir un coin de France que je ne connaissais pas encore !

Récit d’un blog trip riche en sensations…

 

Après un long voyage en train d’une dizaine d’heures, une journée de balade dans Montpellier, et 1h30 de taxi à travers la campagne occitane, me voilà enfin à Millau, deuxième ville du département. C’est ici que se déroulera le salon, sur deux journées bien remplies : conférences le matin, échanges entre les blogueurs et les professionnels du tourisme l’après-midi, et soirées endiablées jusqu’au bout de la nuit !

Mais avant, place aux très attendus « blog trips » ! Un blog trip, c’est un voyage entre blogueurs, dont l’objectif principal est de leur faire découvrir une destination, et d’ainsi la faire connaître auprès de leurs lecteurs.
Lorsque je me suis inscrite au salon, sachant que celui-ci se déroulait dans une région connue pour ses activités sportives et de plein air, je me suis dit (à tort) qu’il serait probablement assez compliqué d’organiser quelque chose d’accessible pour mes roulettes. Et je m’attendais donc à passer la journée dans les musées… Si j’avais su !

Les organisateurs avaient tout prévu pour nous (moi et mes deux autres collègues en fauteuil roulant) proposer un programme de rêve : survol en ULM, restaurant étoilé et balades en fauteuil tout terrain électrique ! Moi qui adore la nature, la gastronomie et les sensations fortes, j’avais hâte de découvrir tout ça !

Depuis Millau, nous prenons la route pour Bozouls, dans le nord de l’Aveyron. Dans le minibus (conduit par Mr. Calmelly, président de l’Agence de Développement Touristique de l’Aveyron, mais également maire de Bozouls !), je fais connaissance avec les autres blogueurs : Elodie et Mathieu (qui ont eux aussi fait un tour du monde, et racontent leurs aventures sur A Ticket To Ride), Rémi (Capitaine Rémi, qui adore les défis un peu fous !), Dominique et Marjorie (ils partagent leur amour pour New York sur ILuvNYblog), et Nicolas (qui tient le blog – et le merveilleux planificateur de voyage – A-contresens).

Premier arrêt au bord du canyon de Bozouls (appelé « trou » à l’origine), une immense gorge de plus de 100 mètres de profondeur, creusée par un méandre du Dourdou.
Impressionnant ! Je n’imaginais pas qu’on pouvait voir de telles formations géologiques en France…
Au bord de la falaise, je retrouve Aurélie (I Wheel Travel), que j’avais déjà rencontrée en Nouvelle-Zélande, et Daphnée (1 parenthèse 2 vies), une autre blogueuse à roulettes.

Le soleil est au rendez-vous, et c’est déjà l’heure d’une des activités les plus attendues de ce week-end : l’ULM ! Avec l’aide des pilotes du club local, je m’installe dans un petit avion biplace, et c’est parti !
Vu d’en haut, le canyon est encore plus beau. On distingue aisément le cours de la rivière, en forme de fer à cheval, qui n’a donc rien d’un trou ! 😉

On survole ensuite les ruines du château de Calmont d’Olt, la petite ville d’Espalion, Saint-Côme d’Olt (et son église au clocher atypique), et l’ancienne coulée de lave de Roquelaure.
J’avais déjà pu tester l’ULM en Australie (un 8 places), mais c’était mon premier vol en biplace. Les sensations étaient encore meilleures, et j’en ai pris plein les yeux !

De retour sur terre, nous mettons le cap sur Espalion, pour découvrir un sport typiquement aveyronnais : les quilles de huit. Le principe ? Renverser un maximum de quilles (il y en a 8, en bois de hêtre) à l’aide d’une neuvième, en frappant celle-ci avec une boule (en bois également). Ensuite, on lance la boule seule pour tenter de faire tomber les quilles restantes. Ça peut paraître simple, mais ça demande pas mal d’entraînement… et de force, puisque la boule pèse environ 6 kilos !

Alors que le soir tombe, nous retournons à Bozouls pour visiter l’église Sainte-Fauste, littéralement perchée au bord du canyon, puis prendre un petit apéro en profitant du coucher de soleil. Quel bel endroit, et quel calme ! Quand on vit en plein centre-ville, ça fait tellement de bien de retrouver un peu de nature…

C’est au Belvédère, hôtel-restaurant étoilé, que nous terminerons cette magnifique journée. Mon tout premier restaurant étoilé ! Le chef privilégie les produits locaux, et c’est avec plaisir que j’ai goûté les nombreuses spécialités… Découvrir une région, ça passe aussi par sa cuisine ! Je vous laisse découvrir le menu ci-dessous. Non seulement c’était bon, mais en plus c’était beau ! 😉

La lesse et la seiche du Grau du Roi aux agrumes, oignon nouveau et jeune poireau
Le filet de truite Fario d’Estaing poché, asperges vertes d’Aumes, vinaigrette ail des ours-oeuf-noix, kumquat confit et verpe de Bohême

Les escargots de Nadaillac poêlés au beurre, bouillon aux champignons secs
Le pièce de boeuf d’ici roulée, gariguettes relevées, caves de Lézignan, mangetouts et aillette

Les fromages au lait cru affinés du Rouergue et d’ailleurs

Le gâteau à la broche garni d’une crème au citron, une glace à la chicorée et pain brûlé

Tout était délicieux, et j’ai particulièrement apprécié les fromages… Honnêtement, les meilleurs que j’aie goûtés !

J’ai passé la nuit à l’hôtel « La Route d’Argent » (le Belvédère ne disposant pas de chambres accessibles). L’hôtel propose une chambre adaptée aux PMR : celle-ci est spacieuse, de même que la salle de bain. La douche est à l’italienne (de plain-pied), mais le pommeau est fixe, et il n’y a pas de siège de douche fixé au mur (il n’y a qu’une chaise et un tabouret en métal), ce qui peut rendre son utilisation un peu compliquée.
[Pour info : largeur portes chambre et salle de bain 85 cm – hauteur lit 48 cm – hauteur WC 47 cm].

Deuxième journée à toute allure !

 

Après une nuit reposante (mais un peu courte !), nous retrouvons le reste du groupe au Belvédère pour un bon petit-déjeuner. À nouveau, les spécialités locales sont à l’honneur : soupe au fromage et tripoux (panse de mouton farcie aux tripes de veau) au menu ! Je passe mon tour cette fois-ci et me contente de pain et de confiture maison, de fromage et d’un jus d’orange frais. 😉

En sortant de l’hôtel, mes deux acolytes à roulettes et moi-même découvrons alors nos nouveaux engins pour la journée : des FTT (fauteuils tout terrain) électriques ! J’avais déjà eu l’occasion de faire une balade en Cimgo (sorte de FTT piloté par une personne debout à l’arrière) il y a quelques années, mais pour la première fois, c’est moi qui serait aux commandes !

Merci Daphnée (1parenthèse2vies) pour la photo de droite ! On a l’air bien réveillées ! 😉

L’équipe du Comité Handisport de l’Aveyron nous aide à nous installer et nous explique le fonctionnement de la machine : accélérateur à gâchette, frein de vélo, marche avant, marche arrière, rien de bien compliqué. Vitesse de pointe : 25 km/h ! Un des modèles est équipé de commandes adaptées pour les personnes tétraplégiques, avec des poignées plus faciles à manipuler. De mon côté, j’ai une bonne mobilité des mains et des doigts, mais très peu de force dans les bras, et des accoudoirs m’auraient été bien utiles… Même en avançant le siège au maximum et en rapprochant le guidon, c’est toujours un peu trop loin, mais on fera avec pour cette fois !

Photo Fréderic Lombardi – Mairie de Bozouls

Nous retrouvons ensuite les autres blogueurs, équipés de VTT électriques et de petites motos tout-terrains : à chacun son engin, peu importe le handicap ! Une petite photo de groupe, et c’est parti pour la descente du canyon !

Comme je ne peux pas tendre les bras plus de quelques secondes, je conduis en soulevant mon bras droit avec mon bras gauche. Au bout de 5 minutes, je m’arrête, déçue : impossible de continuer à ce rythme. Alors que je suis sur le point d’abandonner, un des accompagnateurs du comité trouve une super idée : me fabriquer un « accoudoir » en coinçant son sac à dos contre moi, et en l’attachant avec la ceinture. Simple, mais superbement efficace : mon bras est à la bonne hauteur, me voilà apte à la conduite ! Let’s go ! 🙂

Au fond du canyon, on a l’impression d’avoir quitté le village pour un autre monde : le bruit d’une cascade, le vent dans les arbres, quelques chèvres qui se baladent en liberté… Et ces falaises, encore plus imposantes vues d’en bas ! Le FTT passe partout : sur les sentiers, sur l’herbe, et même… sur un pont suspendu, au-dessus de la rivière !

Je vous laisse découvrir tout ça en vidéo…

L’endroit est magnifique, les sensations sont au rendez-vous, et surtout, quel bonheur de partager une activité tous ensemble : pour une fois, nous sommes tous à roulettes !

De retour dans le village, nous visitons le musée interactif Terra Memoria. Plus qu’un musée, c’est d’abord un centre d’interprétation où l’on peut voir, et même toucher des roches et des maquettes géantes. Une visite sympa et ludique, qui permet de mieux comprendre la formation géologique des terres de l’Aveyron et du canyon de Bozouls. Une plateforme à l’extérieur offre également un autre beau point de vue sur le fameux « trou » !

Après un bon repas (encore un !) à la brasserie « Le 121 », une partie du groupe part explorer des châteaux en ruine (pas vraiment accessibles, d’après ce que j’ai compris). Daphnée, Aurélie et moi remontons sur nos FTT pour une dernière petite balade, sur une partie de la voie verte. Nous n’aurons pas le temps d’aller très loin, mais la description annoncée par le comité handisport (une succession de tunnels et de ponts, sur une ancienne voie ferrée) m’a fait promettre de vite revenir dans la région !

Toutes les bonnes choses ont une fin, et il est déjà l’heure de repartir vers Millau… Bozouls, merci pour tes paysages, tes sensations, tes saveurs, et surtout tes merveilleux habitants ! Au revoir, mais pas adieu, car il y aura une prochaine fois, c’est certain ! 😉

Liens utiles : 

Merci à l’ADT Aveyron, à la Mairie de Bozouls, au Comité Département Handisport de l’Aveyron et au Salon des blogueurs de voyage pour ces deux belles journées.

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