Mes 10 conseils aux voyageurs en fauteuil roulant

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Voyager quand on est en fauteuil roulant, ce n’est pas toujours simple… mais c’est possible !

Pendant mon Tour d’Europe, j’ai du faire face à quelques « petits imprévus » : principalement des problèmes d’accessibilité (un hôtel où je n’ai pas pu entrer à Milan, une baignoire inutilisable à Bratislava, une marche pour accéder à ma chambre à Berlin,…) ou des soucis techniques avec mon fauteuil roulant (panne du repose-jambes après une semaine, pneu crevé après deux semaines, et panne du chargeur de batterie après trois semaines !), qui ne m’avait pourtant jamais fait faux bond jusqu’alors.
Pourtant, en fin de compte, mon voyage s’est déroulé « presque » comme prévu, et je n’ai rencontré aucun problème insurmontable. Grâce aux nombreuses heures passées à préparer mon périple, et aux dizaines d’e-mails envoyés, j’ai pu suivre l’itinéraire tracé, j’ai toujours eu un toit (plus ou moins accessible) pour passer la nuit, et mes trajets en train se sont presque toujours déroulés sans encombre… j’ai donc pu profiter à fond de ces 40 jours à travers l’Europe !

Si vous aussi êtes en fauteuil roulant et avez envie de partir à l’aventure pour quelques jours ou quelques mois, seul ou accompagné, voici 10 conseils (basés sur mes expériences) qui devraient vous être utiles :

1) Téléphonez et/ou envoyez toujours un mail à l’hôtel qui vous intéresse avant de réserver, pour s’assurer qu’il est suffisamment accessible et que la chambre est adaptée à vos besoins (entrée de plain-pied ou avec une rampe, dimensions de l’ascenseur, largeur des portes, hauteur du lit, baignoire ou douche à l’italienne avec siège, barres d’appui,…). Et si vous voulez être certain de ne pas avoir de mauvaise surprise, demandez qu’on vous envoie des photos !

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Couloir de mon hôtel à Berlin

2) Si vous arrivez en train dans une ville, choisissez un hôtel proche de la gare. De cette manière, si les transports en commun ne sont pas suffisamment accessibles, vous serez sûrs de pouvoir rejoindre votre hôtel facilement. En plus, cela vous évitera de devoir trimballer vos bagages à travers toute la ville ! Vous pourrez ainsi déposer vos affaires à l’hôtel dès votre arrivée (même si votre chambre n’est pas encore disponible, il y a généralement une consigne gratuite). Et le jour du départ, vous pourrez les laisser à l’hôtel pour profiter de votre dernière journée et les récupérer juste avant de prendre votre train.

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Gare Saint-Pancras, vue de ma chambre à Londres

3) Si vous partez à l’étranger, informez votre bandagiste (vendeur de fauteuil roulant) de votre voyage et profitez-en pour faire un petit entretien de votre fauteuil. Vous diminuerez ainsi les risques d’avoir un problème pendant votre voyage.

Notez les coordonnées de votre vendeur et de votre fabricant de fauteuil, pour pouvoir les contacter en cas de problème. Dans mon cas, le représentant Benelux de Sunrise Medical (Quickie) a toujours répondu rapidement à mes mails lorsque que j’ai eu des soucis techniques (sauf le week-end), et m’a mis en contact avec des distributeurs locaux suivant l’endroit où je me trouvais.

4) Prenez avec vous le mode d’emploi de votre fauteuil, si possible en anglais (ou dans la langue du pays visité) et en version pdf (lisible sur smartphone ou tablette, et ça prend moins de place qu’en version papier). Si vous prenez l’avion, il est possible que le personnel de l’aéroport vous le demande afin de savoir comment déconnecter les batteries ou démonter/remonter votre fauteuil.

5) Si certaines parties de votre fauteuil (appuie-tête, repose-pieds, accoudoirs) se dévissent facilement, pensez à prendre les clés nécessaires avec vous.

6) En fonction de votre destination, n’oubliez pas d’emporter un adaptateur ! Avant mon tour d’Europe, j’avais lu que les prises de courant étaient différentes en Suisse et en Italie, mais qu’un adaptateur n’était pas nécessaire… C’est vrai si vous utilisez uniquement des prises à deux broches (chargeurs de téléphone portable, d’appareil photo, de tablette,…), mais pas si vous avez des grosses prises rondes à trois broches, comme c’est le cas sur mon chargeur de fauteuil électrique !
J’ai donc emporté trois adaptateurs (Suisse, Italie, UK) ainsi qu’une multiprise (indispensable même dans les pays où un adaptateur n’est pas nécessaire, car les prises des chambres sont parfois peu nombreuses ou mal placées…).

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Prises de courant à Zurich

6b) Si vous partez aux Etats-Unis ou au Canada avec un fauteuil électrique, vous aurez également besoin d’un transformateur, à brancher entre l’adaptateur et le chargeur, car le voltage n’est pas le même (230V en Europe, 120V aux USA). Pour mon voyage en Floride, mon bandagiste m’en avait prêté un gratuitement (attention, ça pèse plusieurs kilos !).

7) Si votre fauteuil est équipé de pneus gonflables, prenez une petite pompe à main. Et si vous partez plusieurs semaines ou dans un pays lointain, emportez également une chambre à air de rechange : ça ne prend pas beaucoup de place et ça peut sauver vos vacances en cas de crevaison ! Si vous partez avec un fauteuil manuel, vous pourrez probablement être dépanné facilement dans un magasin de vélos, mais si vous partez avec un fauteuil électrique (dont les pneus sont très différents), il vaut mieux prendre vos précautions, car seul un magasin de fauteuil roulants possédera les pièces nécessaires, et il n’y en a pas à chaque coin de rue…
Si vous avez des pneus pleins (bandages), vous êtes tranquilles de ce côté là !
[Note : mes pneus étaient déjà très usés avant mon voyage, et si j’avais pensé à les changer avant de partir, je n’aurais peut-être pas crevé…]

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Pneu crevé à Berlin !

8) L’accessoire indispensable quand on est en fauteuil et qu’on passe ses journées dehors : la cape de pluie (ou poncho) ! Ok, c’est pas très sexy, mais c’est vachement utile pour rester au sec quand le temps est vraiment pourri… Un simple k-way ne protégera pas vos jambes (et garder un jeans trempé toute la journée, c’est le meilleur moyen d’attraper la crève), et un parapluie sera compliqué à tenir quand vous vous déplacerez (sans compter le risque de le voir s’envoler/se retourner au moindre de coup de vent).

Sous la pluie à Stockholm...

Sous la pluie à Stockholm…

9) Autre accessoire très utile pour se sentir un peu plus en sécurité quand on est obligé de circuler sur la route : les phares et/ou le gilet réfléchissant ! Mon fauteuil électrique est équipé d’origine de phares assez puissants, mais j’ai rajouté de petits phares sur mon fauteuil manuel et des bâtons réfléchissants sur les rayons des roues (ceux pour vélos font parfaitement l’affaire et ne coûtent que quelques euros !).

10) Si vous avez une carte d’invalidité ou une carte de stationnement européenne, gardez-la sur vous. Bien qu’un fauteuil roulant soit une preuve « visible » de votre handicap, certains services ou lieux touristiques exigent de voir un document officiel pour vous donner l’accès à une entrée accessible ou pour vous accorder une réduction (ou la gratuité à votre accompagnateur).

En conclusion…

Avec une bonne dose d’organisation, de débrouillardise et de patience, la plupart des problèmes peuvent être facilement évités ou résolus.

Bien sûr, malgré une préparation minutieuse, il est impossible de tout prévoir et vous aurez certainement quelques (bonnes et moins bonnes) surprises… mais ça fait partie du voyage ! Et ça fait des choses à raconter au retour 😉

À présent, je vous laisse la parole ! À quels petits imprévus avez-vous déjà été confrontés en voyage ? Comment vous en êtes-vous sortis ? Quels sont vos conseils aux autres PMR pour que leur voyage se passe le mieux possible ?

Répondez ici en laissant un commentaire 🙂

2 Commentaires

  1. Intéressant !
    Appeler l’hôtel n’est pas toujours suffisant… Il m’est arrivé plusieurs fois qu’on me dise que la chambre était accessible et que je me retrouve avec une marche à l’entrée ou une baignoire sans planche d’assise… 🙁
    – Mais si madame la chambre est accessible ! il y a un ascenseur.
    – Et comment je fais pour accéder à l’ascenseur s’il y a une marche à l’entrée ?
    Parfois les gens ne se rendent pas compte des difficultés.

    • facebook-profile-picture
      Blandine_on_wheels

      Bonjour ! Je vous comprends, et malheureusement, j’ai déjà eu plusieurs mauvaises surprises de ce genre… J’en parle d’ailleurs au début de cet article : deux marches dans le couloir de mon hôtel à Berlin (alors que l’entrée était de plain-pied et que la chambre était parfaitement adaptée), une salle de bain avec une baignoire sans siège dans un Ibis à Bratislava,… :/
      Pourtant, à chaque fois, j’avais envoyé un mail à l’hôtel avant de réserver ! Mais je n’avais probablement pas été assez précise… Maintenant, au lieu de demander : « est-ce que la salle de bain est adaptée ? », je demande « merci de me donner des détails sur l’aménagement de la salle de bain ». Et si la réponse n’est pas assez précise, je réponds « j’ai besoin d’une douche à l’italienne avec un siège (roll-in shower with a seat) ». Si j’ai vraiment un doute, je demande même qu’on m’envoie des photos ! Comme ça, pas de surprise 😉
      Et au lieu de demander « l’hôtel est-il équipé d’un ascenseur ? », je demande toujours les dimensions de l’ascenseur, en précisant les dimensions de mon fauteuil roulant. J’explique aussi qu’il fait 180kg, qu’il est totalement impossible de le soulever, et que je ne peux pas franchir la moindre petite marche. En demandant « Is there any step in front of the entrance ? », on a généralement une réponse assez claire.

      Bonne chance pour vos prochains voyages ! Et si vous avez besoin d’adresses d’hôtels accessibles, n’hésitez pas à m’envoyer un message, tous les hébergements ne sont pas encore en ligne sur le blog 😉

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